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Bénédiction Hanotène Layaèfe Quoah'

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MrQuestion
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Rav Wattenberg,

On m’a dit que la Bérah'a Hanotène layaèfe quoah' devait être récitée sans le nom d'Hashem. Pourtant, dans le sidour ce n’est pas ainsi, il y a le nom. Que faire en pratique ?

Merci d’avance.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 5590
Citation:
On m’a dit que la Bérah'a Hanotène layaèfe quoah' devait être récitée sans le nom d'Hashem. Pourtant, dans le sidour ce n’est pas ainsi, il y a le nom. Que faire en pratique ?


Selon le Minhag Ashkenaz on récite cette Brakha (avec Shem).
Chez les Sfaradim, c’est discuté.
Rav Ovadia Yossef dit de la réciter, idem pour son fils Rav Its’hak dans Yalkout Yossef (I, p.50) et son fils Rav David dans Shout Otsrot Yossef (III, §10).

Ils écrivent que le Minhag s’est répandu chez tous (les Sfaradim) de dire cette Brakha (Beshem Oumalkhout).

Ils l’affirment avec tant de conviction que le Piskei Tshouvot (§46, note 138 et 143) s’est laissé tromper et a cru que tous les Sfaradim disaient cette Brakha.
Mais en réalité, c’est discuté et loin d’être évident.

Avant eux, celui qui écrit que le Minhag de dire cette Brakha s’est répandu, c’est le ‘Hida [Birkei Yossef (§46, sk.11), Shiyourei Brakha (§46, sk.8), Tov Ayin (§7), Zikhron Moshé (§46, 6), Kesher Goudal (§V, 17)], se basant sur les écrits du Arizal (Pri Ets ‘Haim Shaar Hatfila §2) (Shaar Hakavanot, Tfila daf 2b) (Olat Tamid daf 13a) indiquant de le faire, alors que le Shoul’han Aroukh (o’’h §46, 6) préconise de ne pas réciter cette bénédiction (Beshem Oumalkhout) puisqu’elle est absente du Talmud.

D’autres Poskim aussi écrivent que cette habitude s’est répandue partout et qu’il convient de réciter cette bénédiction Beshem Oumalkhout comme l’indique le Arizal, voir le Kaf Ha’haim (o’’h §46, sk.47) qui en rapporte plusieurs, voir aussi le Shoul’han Gavoha (§46, sk.20) et le Erets ‘Haim (Suthon) (§46, 6).

Le ‘Hida renforce son argumentaire en expliquant que le Rav Yossef Karo (auteur du Shoul’han Aroukh) serait certainement revenu sur sa position s’il avait su que le Arizal était d’avis de réciter cette Brakha.

Cet argument me parait fort peu convaincant, mais il serait fastidieux d’expliquer ici pourquoi, je me contenterais donc simplement d’indiquer que Rav Ovadia Yossef (Yabia Omer II, o’’h §XXV, 12) non plus n’accepte pas cette argumentation du ‘Hida. En supposant que le Rav Karo aurait changé d’avis s’il avait su la position du Arizal, nous pourrions aller loin.
ROY n’accepte pas non plus l’idée défendue par le Ben Ish ‘Haï (Bereshit §10) selon laquelle on ne dirait pas SABAL contre le Arizal.

Toutefois, ROY opte pour la récitation de la Brakha car c’est le Minhag qui s’est répandu dans toutes les communautés, ce qui semble renforcer la supposition du Ba’h (o’’h §46) concernant l’existence probable d’une version différente et ancienne du Talmud mentionnant cette bénédiction.
Et bien qu’il subsiste toujours un doute, on ne dira pas SABAL en présence d’un Minhag, comme l’indique le Troumat Hadeshen (§34).

Néanmoins, l’argument majeur de ROY étant l’unanimité du Minhag de nos jours, il faut signaler que de nombreuses communautés, notamment au Maghreb, ne récitaient pas cette Brakha avec Shem Oumalkhout.

Ce sont les communautés des ‘Halabim qui ont adopté cette habitude, c-à-d les communautés desquelles est issu ROY, comme l’Irak (Kaf Ha’haim) et la Syrie/Erets Israel (Erets ‘Haim Suthon).

D’ailleurs, le Keter Shem Tov (I, p.18) écrit explicitement que l’on ne fait pas la Brakha (Sfaradim), sauf les communautés אסמ"ת, acronyme qui signifie dans ses écrits : « Erets Irsael, Syrie, Egypte, Turquie », c-à-d les ‘Halabim.

En revanche, au Maroc, les écrits de Rav Shalom Messas répètent assez souvent de ne pas faire cette Brakha avec Shem Oumalkhout, comme l’indique le Shoul’han Aroukh, voir Shout Shemesh Oumaguen tome 1 (o’’h §15 et §25), tome 3 (o’’h §36, 2), tome 4 (o’’h §54 et §63), et Tevouot Shamesh (o’’h §16)
[Lui aussi écrit que c’est le Minhag unanime « à part quelques exceptions », comme si la majorité des juifs ne récitaient pas cette Brakha Beshem Oumalkhout…]

Mais je ne pense que ce soit unanime au Maroc non plus, le Rav David Obadia écrit dans son Nahagou Haam (tfilat Sha’harit oumin’ha §3, en fin de Shout Natan David p.320) que l’habitude est comme le Rama, de réciter cette bénédiction.

Toujours est-il que l’argument de ROY n’a pas manqué de susciter l’étonnement du rav Shlomo Tolédano dans son Divrei Shalom Veémet (I, p.45) qui ne rate pas une occasion pour faire remarquer des imprécisions et incohérences dans les écrits de ROY.

Il souligne donc que si ROY est prêt à fermer les yeux sur SABAL (et même sur Maran Hashoul’han Aroukh) parce qu’il y a (aurait) un Minhag, dès lors il ne devrait plus s’opposer aux communautés maghrébines qui souhaitent préserver et respecter leurs Minhaguim ancestraux.

En conclusion :
Ashkenazim & ‘Halabim : on fait la Brakha.

Maghrébins : ça dépend des Minhaguim et des villes (Rav Shalom Messas : non. Rav David Obadia : oui. Etc…)
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