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Kipa interdite chez les non-juifs et Bnei Noah ?

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Shalom rav,

« Dans mon temps », au Québec, nous avions des cours d'éthique et culture religieuse, étant donné par des enseignants « lambda », ils connaissaient que très peu les religions et les cultures religieuses, donc leurs informations n'étaient pas nécessairement… vraies.

Récemment je me suis rappelé de quelque chose qu'elle nous avait conté et j'ignore si c'est vrai:
Elle nous disais qu'elle était allé visiter une synagogue (j'ignore où), elle a donc dit que ses fils et son mari devait porter une kipa, jusque là c'est normal. Puis elle a dit qu'elle voulait en acheter, mais ne pouvais pas, notamment parce que les « non-juifs » n'ont pas le droit d'avoir, et encore moins de porter, une kipa à l'extérieur d'une synagogue…

Je doute de la véracité de cette information; est-ce vrai ? Est-ce vrai qu'un non-juif n'a pas le droit de porter une kipa à l'extérieur d'une synagogue ?
Ce qui vient à me poser la question: est-ce qu'un Bnei Noah peut en porter une ?

Si non, pourquoi ?

Merci à l'avance.
Kol touv.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 5590
Il n’existe pas d’interdit défini en tant que tel par la religion juive, pour un non-juif, de porter une calotte/Kipa.

La calotte ou le couvre-chef est un signe de foi et de crainte du Ciel dans différentes religions, le judaïsme n’en a pas le monopole.

Ainsi, un Ben Noa’h a le droit de porter une Kipa, même en dehors de la synagogue, à condition de veiller à ne pas tromper ceux qui le verraient en pensant qu’il serait juif.

Ces personnes qui ont refusé de vendre une Kipa à un non-juif n’ont pas tout à fait tort en cela que si ce non-juif ne fait pas attention à ne pas être pris pour juif, il tromperait ceux qui le verraient avec possiblement quelques conséquences néfastes.

Imaginons par exemple un non-juif portant une Kipa, il se rend dans un restaurant pour déjeuner, un juif le voit entrer avec sa kipa, il se dit que ce restaurant est Kasher, or il ne l’est pas.

Le juif ira manger dans ce restaurant et commettra un péché « avec le concours » du non-juif.
Il pourrait y avoir encore plusieurs situations différentes où le port de la kipa pourrait tromper un juif.

Le Talmud (Mena’hot 43a) dit qu’il ne convient pas de vendre un Talit à un non-juif, car ce dernier pourrait ainsi tromper un juif.

[A cette époque, le Talit était plus représentatif du juif, car il était porté toute la journée et le port de la kipa (/turban) était réservé aux lettrés alors que les juifs illettrés marchaient nu-tête.
L’obligation du port de la Kipa pour tous (même ceux qui ne savent pas lire) date de plus tard.]

Cette loi est retenue par le Rambam (Hil. Tsitsit §IX, 3) et le Shoul’han Aroukh (O’’H §XX, 2).

Il y a deux manières d’expliquer la crainte de cette « tromperie » dans le Talmud, mais elles ne sont pas exclusives, ce ne sont que des exemples, c’est pourquoi le Nimoukei Yossef (ad loc) en propose une autre : le non-juif pourrait donner à manger à un juif, et ce dernier voyant son Talit (-ou sa kipa de nos jours) penserait que c’est nécessairement Kasher…

Nous ne pouvons pas vraiment extrapoler du Talit à la Kipa et il ne semble pas justifié de « créer » un tel interdit, néanmoins l’idée reste vraie, le non-juif pourra certes porter une Kipa, mais en prenant garde de ne pas tromper son entourage et ne pas se faire passer pour juif.
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